Festival IN 2018 du 6 au 24 juillet 2018

Programme complet disponible sur http://www.festival-avignon.com/

Bulletin d'inscription spectacles festival IN au tarif CE, inscription avant le 17 mai 2018 auprès de la CMCAS d'Avignon. Billeterie sous réserve de l'obtention des places par le bureau du festival.

 

Sélection de la Commission Culture et voyages : participation financière de 50 % de la CMCAS, limité aux ressortissants de la CMCAS d'Avignon. Bulletin d'inscription Sélection à renvoyer avant le 17 mai 2018

Thyeste : Cour d’honneur du Palais des Papes – les 6, 7, 8, 9, 10 et 12 juillet à 21h30

L’histoire de ce crime si terrible a semble-t-il fait dévier le soleil de son orbite en l’entendant. Alors qu’Atrée règne en paix sur Mycènes, son jumeau, Thyeste, séduit sa femme et s’empare du bélier d’or. Devant ce double vol, Atrée a la vengeance furieuse et sert à celui qui est son frère la chair de ses enfants en banquet. Parmi les tragédies de Sénèque, celle que Thomas Jolly choisit de présenter est la plus extrême, la plus sauvage et la plus surnaturelle aussi. Les sujets (l’adultère, le vol, l’infanticide et le cannibalisme) sont irreprésentables et les moyens inventés pour les mettre en oeuvre (la douleur, la rage et le néfaste)
implacables. Sans doute parce que Thyeste n’est pas la seule victime de cet attentat qui paralyse la pensée… La transformation radicale et subite d’Atrée en monstre est à l’image de l’effondrement du monde. L’ensemble se fait sous le regard du futur, « une jeunesse impuissante face au chaos dans lequel elle devra vivre et grandir ». Une manière pour Thomas Jolly d’évoquer « le traité d’indulgence mutuelle » que Sénèque proposait déjà à l’humanité.

Iphigénie : Cloître des Carmes – les 8, 9, 11 et 12 juillet à 22h00

La guerre de Troie est imminente et la flotte du roi grec Agamemnon est retenue dans le port d’Aulis depuistrois mois. L’oracle est consulté et l’oracle dit : pour retrouver la clémence des dieux, la fille d’Agamemnon, Iphigénie, doit être sacrifiée sur l’autel de Diane. Questionnant les actions par devoir, le bien-fondé du sacrifice ou encore les oscillations de l’amour et de l’ambition, Chloé Dabert se saisit à la lettre du texte de Racine, entre dans les mots du XVIIe siècle et interpelle le sens moral de cette expiation. Dans un campement entre plage et mer, les protagonistes encerclés reprennent à leur compte cette poésie si tragique, nous disent que l’action se nourrit avant tout de parole, que le désir des dieux entraîne toutes les soumissions, que la femme est la victime de tous les enjeux… Une pensée qui ne cesse d’en revenir à nous et aux choix qui nous dépassent dans le but d’un retour au calme ou de l’apaisement d’un climat…

Story water : Cour d’honneur du Palais des Papes – les 21, 22, 23 juillet à 22h00

« Une histoire, c’est comme l’eau / Que tu fais chauffer pour ton bain / Elle porte les messages entre le feu / Et ta peau ». Comme l’eau du poème soufi – donnant son nom à la pièce – porte les messages du feu, le corps est le véhicule entre Emanuel Gat et la danse. Story Water réunit sur le plateau de la Cour d’honneur du Palais des papes danseurs et musiciens pris sous les feux d’une même lumière, intensément blanche, qui sublime via les mouvements, une histoire en temps réel, jamais exactement la même chaque soir. Tous sont emportés dans le même présent par la musique mathématique et méditative de Pierre Boulez, sauvage et physique de Rebecca Saunders et celle composée par le chorégraphe et les musiciens selon les procédés d’une danse où chaque interprète propose à l’ensemble de s’accorder. Tous construisent sous nos yeux une pièce chorale, incroyablement libre, où la danse, la musique et la peinture s’interpellent par le biais des corps, rappelant que, depuis vingt-cinq ans le chorégraphe ne cesse de réinterroger les infinis potentiels de la relation humaine.

Certaines n'avaient jamais vue la mer : Cloître des Carmes – les 21, 23, 24 juillet à 22h00

Début des années 1920, des milliers de Japonaises sont envoyées aux États-Unis. Elles y retrouvent un mari et ont pour rêve de mener une vie idyllique dans le pays de la ruée vers l’or. Les espoirs sont vite effacés… Le roman de Julie Otsuka, auteure américaine à l’histoire japonaise, traite de ces arrivées et de leurs déconvenues. À partir de ces « nouvelles pauvres vies », l’écrivaine déroule le fil d’une histoire liant étroitement deux continents jusqu’à la seconde guerre mondiale et qui aura pour résultat de stigmatiser une communauté jusqu’à son invisibilité. Le metteur en scène Richard Brunel, touché par ce drame, se saisit de ce texte et l’adapte au théâtre. Pour faire entendre ces parcours multiples réunis dans un même destin, il s’entoure de comédiennes et comédiens, de leurs différences, et les conduit sur le chemin de la choralité, du « nous » pour mieux souligner la succession des disparitions, et interroger ce paysage américain qui absorbe autant qu’il rejette. À partir d’une parcelle méconnue de l’Histoire, Certaines n’avaient jamais vu la mer fait entendre le destin pluriel de femmes qui ont cru en la possibilité d’un ailleurs.